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ILS SONT FOUS CES MARTINIQUAIS

ARCHIVE : La semaine passée, comme un seul homme, ou comme une seule femme, dans un énième sursaut d’agonie, rôdé par une quarantaine d’années d’expérience, le monde de l’entreprise, est passé à la contre-offensive. Mais nos chefs d’entreprises, petits, gros, moyens, nous ont dit ce que nous savions déjà : Tout va mal, tout coule. Sarkozy, lui aussi, le savait déjà et il avait répondu : Je sais, vous proposez quoi ?

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PEUPLE MARTINIQUAIS PEUPLE FRANÇAIS MEME COMBAT ?

Notre photo : Le préfet de la Martinique, Ange Mancini.
 Cette grève est un cours accéléré sur nous-mêmes. Jamais, dans notre histoire, un mouvement syndical n’a eu l’aval aussi total de l’opinion publique, jamais dans notre histoire, le gouvernement de la France n’a autant respecté le statut de citoyen français du martiniquais. Dans un passé récent, Philippe Pierre Charles, Ghislaine Joachim Arnaud et tous les membres du Collectif 5 février, après  quelques jours à peine d’action, auraient eu les yeux rougis de gaz lacrymogène, tandis que des familles martiniquaises pleureraient ceux, tombés sous les balles des gendarmes.
Autres évolutions : Personne n’accuse les syndicalistes de visées politiques, personne n’accuse les leaders syndicaux d’être les bras actifs d’une organisation politique séparatiste et, détail de taille, le donneur d’ordres est désormais  le gouvernement en personne, à travers le secrétaire d’Etat, Yves Jego, et non plus à travers le préfet, jadis électron libre en période de crise, à qui était laissée l’appréciation du terrain. Or, les éléments du terrain étaient fournis par des officiers des Renseignements Généraux Martiniquais tous, à l’époque,  militants du R.P.R, section locale, qui n’hésitaient pas à transformer Victor Lamon, ou Georges Duféal en agents de puissances étrangères, notamment Moscou et la Havane. André Constant, du Parti Communiste Martiniquais dans la livraison d’Antilla de la semaine dernière, rappelle l’hystérie de l’époque à ce sujet. Alors, dans le cabinet du préfet, il y avait en février 74 un colonel qui se vantait d’être un expert en guérilla urbaine, et …le patronat martiniquais. La volonté profonde, d’Illmany, de Marie-Louise, porte-paroles des ouvriers agricoles qui ne souhaitaient qu’une chose : une augmentation de salaire, aujourd’hui exprimée par la formule pouvoir d’achat,  était donc dénaturée et véhiculée par les deux puissants médias France-Antilles et R.F.O qui, en situation de monopole, n’étaient pas contredits mais pire, trouvaient un auditoire : suicidé en extase consciente,  qui ne souhaitait surtout pas être dérangé dans son ronron tranquille et ne prêtait guère attention à la presse martiniquaise naissante. C’est que, nous étions en plein âge d’or de la France ! Et si le choc pétrolier de 74 ne s’était pas encore fait sentir, la gauche française de Mitterrand et Marchais gagnait du terrain. L’Outre-mer, potentiel de voix non négligeable, prit une importance considérable pour les candidats à la présidence. Des sommes énormes, avec grand fracas publicitaire, furent donc injectées dans l’économie martiniquaise par Valéry Giscard d’Estaing, le candidat sortant des Présidentielles de 1981. Si cet argent permit la mise en place d’une infrastructure routière (autoroutes) et portuaire (conteneurisation) favorisant l’importation, elle négligea l’outil de production agricole dès qu’il ne s’agissait pas de la banane. C’est dire que les métiers de l’importation se développèrent.  Les villes s’éblouirent du clinquant et, se satisfaisant des apparences,  n’avaient nulle envie d’être dérangées par les échos des campagnes
 EN 2009 LES TRAVAILLEURS FRANÇAIS DE L’OUTREMER PARLENT AUX TRAVAILLEURS FRANÇAIS DE FRANCE.
 C’est progrès considérable. Le monde est désormais un gigantesque écran où défilent les souffrances et les bonheurs humains. Les rêves et les cauchemars, les fourbes et les honnêtes gens, les fumistes carriéristes, et les exaltés sincères. Alors, désormais, le peuple français, sait. Il n’ignore plus que ses aînés sont coupables d’esclavagisme et de colonialisme, lui si fier de son concept « droits de l’homme », si fier de cette Liberté, de cette Egalité, de cette Fraternité, pour lesquels il donna sa vie. En 2009, c’est bien connivence, ou pour le moment, vif intérêt qui se dessine entre lui et le travailleur des Antilles. Quant aux originaires de l’outre-mer vivant en France, un frémissement où il est question d’une prochaine manifestation, indique la prise de conscience d’un rôle à jouer dans les relations France- Antilles, Antilles-France. Olivier Besancenot, quant à lui, a déjà annoncé que la méthode antillaise a du bon, tandis que le gouvernement redoute une contagion.
 QUELLES SERONT LES STRATEGIES POLITIQUES APRES LA GREVE ?
 La  volonté de la rue, en 2009, se traduit déjà par une formulation politique : l’Autonomie, qui n’est qu’adaptation de la volonté de l’esclave  brisant ses chaînes en 1848. Un siècle plus tard en 1946,  le choix du descendant d’esclave se traduit, ni plus ni moins, par  l’Assimilation, pure et simple demandée en son nom par la Fédération Communiste de Martinique.  L’application  caricaturale, bête et méchante de cette loi, qui gomma toute identité, est sans doute la cause de la déstructuration du pays. C’est que la philosophie ayant présidé la requête de nos aînés n’est pas issue du génie né de la souffrance d’hommes et de femmes de même moule, de même combat, de mêmes objectifs, libres de leur pensée et … maîtrisant la rédaction de leur propre histoire. C’est bien un appel au secours qui fut adressé en 1946  « à la mère patrie » celle pour qui, quelques mois auparavant, nous étions partis à la nage de Grand-Rivière ou du Diamant, pour l’aider à bouter l’Allemand hors de son sol. Elle, à qui nous témoignions déjà une hystérie de la reconnaissance pour l’Abolition de l’esclavage, qu’elle avait, pourtant, elle-même instituée. Détail, que notre mémoire, vidée de nos propres luttes par le mutisme carnassier de la bibliothèque officielle, ne pouvait, à l’époque, nous restituer. Armand Nicolas, historien et ancien secrétaire général du P.C, en effet, ne nous avait pas encore restitué les détails du 22 Mai. 
LA NOUVELLE DONNE,  est bien qu’en 2009, nous sommes forts d’une totale réappropriation de cette mémoire. Il n’y a plus de zone d’ombre quant à notre passé, quant à notre présent, quant à notre place dans le monde. Alors, la demande des Martiniquais n’est plus l’Assimilation, mais bien le droit à la différence ; Le droit à la formule politico-économique qui leur permettrait de concrétiser le choix de l’esclave libéré. La formule préconisée par les descendants de la Fédération Communiste, devenue le Parti Communiste Martiniquais, et par le Parti Progressiste Martiniquais, est l’Autonomie. Cette autonomie est l’adaptation politico-économique qui permet aux départements d’outremer de continuer à battre pavillon français. Ce qui correspond à la revendication première de cette formidable révolte de la rue qui se déroule, pour le moment, dans le cadre des lois de la République Française. De cette révolte, une seule revendication surnage. « Nous travaillons, nous voulons mieux vivre de notre travail».  Ce qui correspond point par point à la révolte du peuple Français descendant dans les rues pour exiger la hausse de son pouvoir d’achat.
Alors, peuple français, peuple Martiniquais même combat ?
 
Tony DELSHAM
 
  

 
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PARIS, IL FAUT QUE TU SACHES

Il n’est ni blanc, ni noir. Pour Vigipirate c’est un terroriste potentiel, et il doit sans cesse prouver son identité. Âgé de  vingt-six ans, surdiplômé, il est au chômage.  «  La crise n’explique pas tout » se dit-il.
Elle est blanche, elle est Juive. Âgée de vingt six ans, surdiplômée, elle est au chômage. Main dans la main, très en colère, Aline et Thierry affrontent Paris.
Sortie publique prévue le 20 Avril dans toutes les bonnes librairies de Martinique et de Guadeloupe.
Frais de port : G R A T U I T

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