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ILS SONT FOUS CES MARTINIQUAIS

ARCHIVE : La semaine passée, comme un seul homme, ou comme une seule femme, dans un énième sursaut d’agonie, rôdé par une quarantaine d’années d’expérience, le monde de l’entreprise, est passé à la contre-offensive. Mais nos chefs d’entreprises, petits, gros, moyens, nous ont dit ce que nous savions déjà : Tout va mal, tout coule. Sarkozy, lui aussi, le savait déjà et il avait répondu : Je sais, vous proposez quoi ?

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NICOLAS SARKOZY ENTRE SERGE LETCHIMY MARIE-JEANNE ET LISE

Notre photo André Lesueur, maire UMP de Rivière Salée
 Le premier, à ma connaissance, qui signifia au gouvernement, dans un entretien paru, il y a vingt ans  dans un journal réunionnais,  que la France était redevable aux Dom d’un immense espace maritime, est le député Paul Vergès. Ce que je n’ai pas manqué de prendre à mon compte, deux ans plus tard, face au député Virapoulet, après un discours larmoyant de ce dernier dans un meeting à Rivière-Salée où il était question de l’immense reconnaissance que nous devrions témoigner au pays de Napoléon qui daignait nous accueillir en son sein. C’est également discours que j’ai tenu à Alain Juppé, alors premier ministre,  au cours d’un petit déjeuner de presse à la Résidence Préfectorale de Martinique. C’est dire ma satisfaction lorsque l’actuel Président de la République, au cours d’un récent déjeuner  au Palais de l’Elysée, reconnaît cette évidence. Pour parler du département français de Martinique, les interlocuteurs crédibles, car élus du peuple, du Président sont les autonomistes et les indépendantistes. L’influence d’André Lesueur ne dépasse plus, et depuis longtemps, les frontières de Rivière-Salée. Sainte-Rose kakin, pour sa part, semble être traumatisé hors des eaux du Macouba, Alfred Almont, le député du Nord Caraïbe est réduit au rôle de monsieur bons offices.  « Messieurs Alfred Marie-Jeanne [1] et Claude Lise[2]  sont des élus, je ne peux répondre circulez, il n’y a rien à voir lorsqu’ils parlent d’évolution statutaire  », dira Nicolas Sarkozy  au cours de ce même déjeuner du mercredi 18 mars 2009.
 
LA VRAIE QUESTION, FINALEMENT, EST DE SAVOIR LES INTENTIONS RÉELLES DE L’ACTUEL GOUVERNEMENT ET… DES MARTINIQUAIS ?
 
Pour ces derniers, la réponse des urnes est constante.  La majorité d’entre nous est hostile à l’évolution statutaire. En 1981, entre François Mitterrand, ami personnel d’Aimé Césaire, favorable au changement statutaire et Giscard d’Estaing hostile à toute évolution, les Martiniquais votent majoritairement pour Valérie Giscard d’Estaing. Aimé Césaire est alors contraint à un moratoire. En 2003, le Non l’emporte également et le chatansac de Camille Darsières, n’est que prétexte. Avant la crise, un maximum d’élus, même la Fédération Socialiste, s’était laissé convaincre. Dès lors, sur le terrain, le frémissement  fut palpable. En février 2009 la rue, catalyseur de toute révolution  s’est exprimée et l’exigence de l’esclave brisant ses chaînes en 1848, est donc renouvelée : c’est bien l’Egalité des chances dans le système français qu’exigent ses descendants. Exigence qu’avait déjà rappelée en 1946 le Parti Communiste, par la voix d’Aimé Césaire en demandant l’Assimilation. Comment va se traduire le message de la rue auprès des élus nouvellement ralliés à l’idée de l’autonomie ? Après la sortie de crise, Louis Joseph Manscour, le député maire de Trinité me déclarait : « J’ai entendu des gens dire que le 73 ou le 74, ce n’est pas ce dont nous avons besoin. Aujourd’hui, il faut que nous réfléchissions et que nous écoutions mieux le peuple. » Les autonomistes convaincus  vont-ils réussir à faire partager leur conviction que l’autonomie est la formule politico-administrative la mieux adaptée pour réussir une départementalisation outre-mer, comme ils le croient ?  
Quant au gouvernement : il serait surprenant que les conclusions  des travaux  des conseillers du président Nicolas Sarkozy résultent d’une navigation à vue. La France abrite un vieux peuple qui a déjà tout connu et tout fait. La crise mondiale lui ordonne de s’adapter aux exigences modernes, elle le fera forte de plusieurs siècles d’expérience.  Les D.O.M,  face aux partenaires européens, sont des atouts considérables. Alors son souci, devant les partenaires  d’une Amérique où triomphent la diversité et le métissage, est sous doute aucun d’éradiquer tout soupçon de colonialisme ou de favoritisme en faveur d’une minorité ethnique. La question qui se pose pour Nicolas Sarkozy est bien de savoir sur qui s’appuyer politiquement ? Alfred Marie-Jeanne et son allié Claude Lise ou Serge Letchimy, le maire de la capitale possédant un tiers de l’électorat ? Qui privilégier, dans un sens ou dans un autre ? Quelle formule adopter pour que la gestion des Antilles n’apparaisse pas comme un néocolonialisme déguisé, spécialité des siècles derniers de la France en Afrique ?
La droite martiniquaise, ex R.P.R ex U.D.F, est morte de son mimétisme caricatural bête et méchant, d’une absence d’imagination, de son incapacité à évoluer en adulte dans un système qui s’accommode mal d’enfants geignards et à la traîne de l’histoire. C’est dommage pour elle, c’est dommage pour la Martinique qui, à l’aube de l’envol du vingt et unième siècle, a un sérieux besoin de la réflexion adulte de tous ses enfants.
 
TONY DELSHAM.
 
 
 
 
 
 
 


[1]   Indépendantiste. Président du Mouvement Indépendantiste Martiniquais.
 
 
[2] Autonomiste. Président du Rassemblement Démocratique Martiniquais

 
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NEGROPOLITAIN

« Négropolitain » est un terme péjoratif né de la formidable propension des Antillais à se moquer d'eux-mêmes. Cette moquerie n'est pas dérision et force d'un peuple adulte, mais faiblesse et blessure des deux déracinements : Afrique-Antilles, Antilles-France. Le poète, bâillonné par d'intransigeants procureurs drapés de vertus originelles, n'a pas eu le temps de chanter le nouvel enracinement.

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