Mon Panier est vide.
 
   Vous cherchez :
     
    
    
    

ILS SONT FOUS CES MARTINIQUAIS

ARCHIVE : La semaine passée, comme un seul homme, ou comme une seule femme, dans un énième sursaut d’agonie, rôdé par une quarantaine d’années d’expérience, le monde de l’entreprise, est passé à la contre-offensive. Mais nos chefs d’entreprises, petits, gros, moyens, nous ont dit ce que nous savions déjà : Tout va mal, tout coule. Sarkozy, lui aussi, le savait déjà et il avait répondu : Je sais, vous proposez quoi ?

lire l'article
Actualité
Agriculture
Culture
Dossiers
Economie
Editorial
Interviews
Littérature
Politique
Société

 
Politique
 
 
MAIS QUI EST ASSIMILATIONNISTE ET QUI NE L’EST PAS ?

 Ghislaine Joachim Arnaud en pleine grève des hospitaliers a envahi une plénière du Congrès pour dire à peu près la même chose. Pour le  Collectif du 5 février la demande primordiale était bel et bien l’exigence d’une augmentation des salaires qui ne fut possible qu’avec l’aide passive de l’Etat qui consista à renoncer, pour un temps, à percevoir son du.  
En fait, en 1946, la Fédération Communiste de Martinique, en confiant au plus talentueux de ses militants, Aimé Césaire, le soin de défendre le projet de la Loi d’Assimilation, en réalité, reprenait à son compte les préoccupations géopolitiques de la France du 18° siècle. Celle-ci, en effet,  craignait une contamination haïtienne. Cette hantise, comme le signale Oruno Lara dans ses écrits, s’exprime par la bouche de Boissy Léger en 1795, date où il demande l’Assimilation afin  « de mieux rattacher les colonies à la France et enrayer un processus d’indépendance »
Avant le Parti Communiste de 1946 le Conseil Général de Martinique de  1874 avait lui aussi eu la même démarche.  Ce que révèle Camille Darsières dans son ouvrage Les Origines de la Nations Martiniquaise. « Ce n’est que le 24 novembre 1874 que les conseillers généraux martiniquais jugèrent le temps venu de faire connaître leur souhait quant à l’assimilation.  Le 24 novembre 1874,  ils prirent une forte longue motion, quelque peut confusionniste dans son exposé historique, en ce qu’elle mettait dans le même camp les tenants de la société esclavagiste et les récents affranchis, comme si les uns et les autres pouvaient avoir les mêmes idéaux. Et comme si, avant 1848, le maître blanc avait pu valablement parler au nom de la Martinique. » Écrit-il.
le P.P.M est né, chacun le sait, de la démission d’Aimé Césaire du Parti Communiste. Bien entendu ce dernier entraina dans son sillage un fort contingent de militants communistes, nourris aux mamelles de l’Assimilation. Et, lorsque que la Fédération devenue Parti Communiste Martiniquais, lance le mot d’ordre d’autonomie, quelques années plus tard, on peut estimer  que c’est parce qu’il  constata que la loi Assimilation avait été dévoyée, détournée de son objectif premier, et ne répondait pas au souhait de l’esclave qui, le 22 Mai 1848, brisa ses chaines en adressant un message clair à la Révolution Française de 1789 à savoir : J’adopte le concept Liberté Egalité Fraternité. Que l’on ne me rétorque pas qu’à ce moment de son histoire  l’esclave à peine libéré n’avait pas les moyens d’une vraie réflexion. C’est encore reproche que l’on adresse à ses descendants bien que ces derniers, désormais, surfent avec lucidité sur toutes les propositions du monde avec la conclusion qu’il n’a … que le choix du bloc par lequel il accepte d’être mangé.  
 LE 73 OU LE 74 EN RÈALITÉ TRADUIT LA VOLONTÉ ASSIMILATIONNISTE DES UNS ET DES AUTRES.
 En fait, que cherche l’élu à travers le 73 et le 74 ? A l’évidence, une plus grande responsabilisation de la Martinique. La droite à la grand papa n’existe plus. Elle a laissé place à une nouvelle génération qui croit trouver son bonheur dans le 73. Mais celle-ci ne représente pas grand-chose, sinon rien du tout, sur l’échiquier politique. Par contre, trois élus à forte personnalité s’expriment au nom de la gauche.
1)        Alfred Marie-Jeanne Président du Conseil Régional, député de la Circonscription Sud, continue d’affirmer que seule l’indépendance résoudra les problèmes martiniquais. Cependant, il admet que cette indépendance n’est pas à l’ordre du jour et que l’autonomie correspond mieux aux exigences du moment. D’où son rapprochement avec l’autonomiste Claude Lise.
2)        Claude Lise patron du R.D.M parti né après sa démission du P.P.M. On peut, objectivement, se poser la question de savoir l’attitude qu’aurait aujourd’hui le Président du Conseil Général, s’il n’avait pas démissionné du P.P.M.
3)        Serge Letchimy, s’affirme continuateur de l’œuvre d’Aimé Césaire dans sa dimension politique, culturelle, identitaire etc. Aux plénières du Congrès, qu’il ne boude pas, il fait entendre sa différence.
En 2009 c’est clair, dans l’esprit d’un élu de droite  l’assimilation caricaturale bête et méchante des années d’avant 1981, n’existe plus. Moi, je constate, et  qu’ils le veuillent ou non, que seule une interrogation technique sépare cette nouvelle droite des Autonomistes à savoir : Quel article du 73 ou du 74, répond le mieux au souci d’un développement responsable de notre pays, dans le cadre d’un bloc français et européen que personne ne remet, officiellement, en cause ?
En cela, chacun s’incline devant la volonté régulièrement exprimée dans les urnes et, récemment, dans la rue. En décortiquant le programme affiché des Autonomistes, on ne décèle aucune rupture d’avec les habitudes économiques liant la Martinique et l’Europe, à travers la France. C’est programme que pourrait adopter un élu de droite et …inversement. 
Il est urgent de situer le débat au bon niveau afin de répondre à cette question technique sinon, l’esprit de la droite épigone  rependra le dessus. On assiste d’ailleurs à quelques  prémisses.  Alors, à l’issue des Etats Généraux, ou d’une consultation demandée par le Congrès, c’est une question bête et méchante qui sera posée aux Martiniquais. Question du genre : Voulez-vous que la Martinique demeure au sein de l’ensemble Français ?
Y-a-t-i un partisan du 73 ou du 74 qui répondrait oui à pareille question ? Questions posée bien évidement après une campagne musclée, aux conséquences castratrices, extraites des plus belles années du chantage au largage à la Rimize, Emile Maurice, Michel Renard.   
Ah, misère ! 
Tony DELSHAM.
 

 
  Sommaire 

 
CENESTHESIE ET L’URGENCE D’ETRE

Le député-maire Aimé Césaire a certes réfléchi, agi et réagi pour la satisfaction des besoins immédiats de ses administrés, mais la recherche identitaire du poète, passant par l’authenticité africaine, n’a-t-elle pas exclu les autres composantes et retardé la Martinicanité ?

(C) Copyright Martinique-editions 2006