Mon Panier est vide.
 
   Vous cherchez :
     
    
    
    

ILS SONT FOUS CES MARTINIQUAIS

ARCHIVE : La semaine passée, comme un seul homme, ou comme une seule femme, dans un énième sursaut d’agonie, rôdé par une quarantaine d’années d’expérience, le monde de l’entreprise, est passé à la contre-offensive. Mais nos chefs d’entreprises, petits, gros, moyens, nous ont dit ce que nous savions déjà : Tout va mal, tout coule. Sarkozy, lui aussi, le savait déjà et il avait répondu : Je sais, vous proposez quoi ?

lire l'article
Actualité
Agriculture
Culture
Dossiers
Economie
Editorial
Interviews
Littérature
Politique
Société

 
Société
 
 
MADELEINE DE GRANMAISON : J’AVAIS CELA À DIRE

«  Les Martiniquais ont tendance à confondre mandat et responsabilité donc, lorsque vous avez un mandat il ne faut rien faire ! Il ne faut pas que vous ayez à présider à quoi que ce soit, sinon c’est de l’argent que vous voulez, même si vous n’êtes pas payée. Je suis obligée de faire cette remarque parce que, de toute ma vie, je n’ai eu qu’un mandat jusqu'à il y a dix huit mois. J’ai eu un autre mandat qui a disparu, pourtant depuis, je n’entends  qu’une chose dans les médias : madame de Grandmaison, elle cumule, elle cumule, elle cumule. Donc, il n’aurait pas fallu que je m’occupe d’eau, ni d’environnement, pour lesquels je ne suis pas payée, de tourisme pour lequel je ne suis pas payée, il aurait fallu que je fasse du bénévolat au Conseil Régional, alors qu’il y a une indemnité prévue, il aurait fallu dire non je ne veux pas d’argent ! et avec ça, on comptabilise ma retraite quand on se souvient que j’ai été professeur. Il y a là quelque chose a dénoncer, quelques chose à moraliser. J’avais cela à dire et je le dis aujourd’hui.
 MAIS ALORS,  QU’EST-CE QUI FAIT COURIR L’ÉLU ?
Les sociétés d’hommes sont ainsi faites. Il y a ceux qui bâtissent la cité à travers ses différentes disciplines : l’Économie, la Politique, l’Éducation, la Religion etc.…Il y a ceux qui créent, qui donnent, et ceux qui reçoivent. C’est saine ambition que de vouloir œuvrer pour son pays si on estime en avoir les capacités et l’envergure. Ceux qui choisissent la politique, une fois élu découvre une véritable … drogue. Ils s’accrochent à leurs mandats avec l’énergie dernière, jusqu’au jour où ils sont   virés par les nouvelles générations qui s’estiment castrées par une gestion à la … papy. Pour ma part, je n’ai connu que trois maires ayant renoncé volontairement à leur charge estimant que  l’âge de la retraite avait sonné. Il s’agit de messieurs Guillaume Mesnils maire du Gros-Morne. Son dauphin Anicet Turrinay ne suivit pas l’exemple et fut …remercié. Pour l’heure, il attend d’être éjecté de sa charge de député. Ensuite, de  l’ancien maire de Trinité monsieur Casimir Branglidor, son dauphin Louis- Joseph Manscour est encore en poste. Et enfin Aimé Césaire qui se retira au profit de Camille Darsières qu’il avait réquisitionné malgré l’intention affirmée de ce denier  de quitter la politique à l’âge de soixante ans. L’appât du gain n’est pas forcément le moteur de l’acharnement à rester aux commandes. Deux raisons, à mon avis, expliquent cette volonté :
La première : L’exercice du pouvoir est grisant. Ce n’est pas rien que d’être le premier personnage de la commune, de la ville, d’être celui ou celle qui répond et partage les souffrances de ses concitoyens. C’est une vocation, un sacerdoce. On entre en politique, comme en entre en religion et  un maire sortant a toujours des partisans qui croient en lui et l’exhortent à continuer l’œuvre commencée. Vous imaginez Alfred Marie-Jeanne, Claude Lise, Serge Letchimy se retirer  alors qu’ils sont convaincus de modeler l’histoire de leur pays ? Impensable. Sauf, peut-être, un retrait à la De Gaulle ne se satisfaisant pas d’une victoire des urnes à l’arrachée.  
La deuxième raison est beaucoup moins noble mais toute aussi grisante. Lorsque l’on est député ou sénateur, outre le mandat très rémunérateur, on est toujours fourré dans un avion. On voit du pays, on côtoie les puissances politiques et économiques, cela au frais de la princesse. On en profite pour placer ses billes  et ses enfants dans des ministères.
 L’ELU À LA MARTINIQUE.
 Pour se faire élire, l’aspirant maire affirme qu’il est Dieu le père en personne et qu’il possède les solutions miracles. Affirmations qui trouvent échos chez l’opposant du maire en place, généralement exclu des bienfaits municipaux, justement parce qu’opposant. Si son candidat l’emporte il découvre que les solutions miracles n’existent pas et qu’il fait simplement partie du clan qui a renversé celui jusqu’alors au pouvoir, qu’il est désormais prioritaire dans la répartition des miettes de la survie municipales. Le nouvel élu, lui, découvre l’immensité de la tâche, se demande ce qu’il est allé faire dans cette galère, avant de faire comme son prédécesseur à savoir : il chouchoute des partisans désillusionnés, versatiles et exigeants, avec qui il entretient de tumultueux rapports amour- désamour, tandis qu’il met en place une subtile stratégie de l’espoir du paradis, chez l’opposant. Gesticulations qui lui permettaient, jusqu’alors, de rester au pouvoir au moins jusqu’à trois mandatures. Cette durée semble se raccourcir de plus en plus avec un personnel ayant épuisé toute les ressources du mécanisme de la politique politicienne et les ficelles pour se faire élire, car confrontés aux limites économiques du pays. D’où l’offensive résolue des élus qui comptent, en matière d’évolution statutaire. Alors, finalement, seuls messieurs les curés et messieurs les pasteurs sont tranquilles, ils surfent sur l’espoir et n’ont de compte à rendre qu’à Dieu. Des politiciens l’ont compris et, lors de la dernière campagne municipale, Dieu était très présent dans leurs discours.
 

 
  Sommaire 

 
MA JUSTICE

--«  Alors, les horreurs que vous avez découvertes, vous les jeunes noirs et mulâtres, nous, les jeunes békés nous les avons découvertes en même temps que vous, maintenant, et maintenant seulement ! Que l’histoire ouvre ses dossiers, qu’on en finisse une fois pour toutes, au moment où les exploités de la planète, documents en mains, réclament justice, parlent de crime contre l’humanité.

(C) Copyright Martinique-editions 2006