Notre photo : Alfred Almont député maire de Martinique.
En 2009, c’est ni plus ni moins le passage à une sur médiatisation : Des télévisions performantes, des radios libres tenant la route, des mails dans tous les sens pour les internautes, des tracts dès que le besoin se fait sentir, des affiches gigantesques pour ceux qui en ont les moyens, des conférences de ceci et de cela à tous les coins de cocktails, etc.
Mieux, R.F.O, succursale des R.G, jusqu’en 1981, fait désormais un direct de tous les grands moments importants. A.T.V essaie de suivre, tandis que l’existence même de K.M.T et de Zouk TV, repose sur la retransmission in extenso des toutes les plénières du Conseil Régional et du Conseil Général, de même que des conseils municipaux des communes qui comptent. Ce sont de véritables cours en direct.
Oui mais, voilà !
Il n’est pire sourd que celui qui ne veut point entendre. Alors, il ne servirait à rien de dépenser des millions en frais de communication. La question du statut ? Depuis 1957, tout le monde a déjà tout dit et tout le monde a déjà…choisi. Il y a ceux qui sont arrivés à la conclusion que le statut actuel est obsolète, qu’il est urgent de passer au 74. Il y ceux qui sont convaincus que le 73, désormais réformé, fait l’affaire grâce aux lois organiques. Il y a ceux qui affirment que la solution c’est l’indépendance. Puis, il y a évidemment le bloc inébranlable, jusqu’à preuve du contraire, des abstentionnistes suivi de l’immense majorité des votants qui mettent leur bulletin, très exactement, là où monsieur le maire le leur demande. L’a-t-on assez dit que l’échec (ou le succès, tout dépend du choix) de la consultation de 2003 est de la responsabilité de monsieur le maire disant Oui à Fort-de-France et Non, une fois remonté dans sa commune ?
EN MATIERE DE STATUT TOUT DÉPEND DE MONSIEUR LE MAIRE.
Il y a beaucoup plus qu’une simple complicité entre le maire d’une commune et ses administrés. Chacun le sait. Les dernières municipales sont encore proches et c’est bien avec l’espoir d’un changement radical, quant à la gestion du département français de Martinique, que les nouveaux maires ont été portés au pouvoir, que les anciens ont été confortés dans leur fauteuil. Dans le Nord Atlantique, messieurs Bouquetti de Grand-Rivière, Lavenaire du Marigot, Azéro de Sainte-Marie, Manscour de Trinité, Monthieux du Robert, tous membres du R.D.M de Claude Lise, parti politique autonomiste opérant drapeau claquant aux vents, ont affirmé leur conviction de la nécessité de ce changement, nécessaire à un vrai développement. Dans la circonscription du Sud, il en est de même pour le François de Maurice Antis, du Vauclin de Raymond Occolier, de Sainte-Anne de Garcin Malsa, du Diamant, etc.
C’est que, lors des campagnes municipales, celui qui veut la place, ou celui qui veut garder son fauteuil, agit et réagit avec conviction. Il se vend, lui et son équipe, en utilisant sa science du terrain. Enfant de la commune, on lui fait confiance. Il est d’autant plus éloquent qu’il croit en lui, dans ses idées, et dans sa capacité à gérer la commune. Alors, on est obligé de se poser la question de savoir pourquoi ce talent déployé, pour se vendre lui, n’est pas mis au service d’une idéologie à laquelle il prétend adhérer ? Et, terrible question : monsieur le maire est-il vraiment convaincu que la solution pour le développement économique de la Martinique passe par l’article 74 ? Faire semblant d’y croire, en période calme, n’est-ce pas, avant tout, volonté de s’attirer les bonnes grâces du Président de la Région et celles du Président du Conseil Général, pivots incontournables, pour réaliser les promesses de la campagne municipale ? Oui mais voila, nous ne sommes plus en période calme. Le monde va mal, la France est en crise. Chacun est sommé de contribuer à la renaissance avec des objectifs affirmés et clairs. Alors, la balle est dans le camp de monsieur le maire. Peut-il, par exemple, expliquer pourquoi les partisans du Non, c’est-à-dire les militants de l’U.M.P, sont les plus nombreux dans les ateliers alors que la droite ne possède depuis longtemps, aucune mairie significative ? Pourquoi la contre-offensive normale n’est-elle pas la présence aussi massive de militants de gauche dans les ateliers qui comptent ? Comme pour 2003, s’apprête-t-on déjà à expliquer les causes de l’échec avec les mêmes litanies : peuple irresponsable, médias hostiles, puissances des lobbies acheteuses de consciences ?
En tout cas, si la tendance n’est pas renversée, la conclusion issue des ateliers de ces Etats Généraux, copie sincère des faits, sera que les Martiniquais ne souhaitent pas d’un changement de statut. Etait-ce le but recherché par Nicolas Sarkozy parfaitement informés par ses services de la réalité du terrain ? Mais, surtout, n’est-ce pas le désir secret des leaders de la gauche qui, face à l’histoire et au pays de la Caraibe, auront l’alibi d’avoir essayé ?