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ILS SONT FOUS CES MARTINIQUAIS

ARCHIVE : La semaine passée, comme un seul homme, ou comme une seule femme, dans un énième sursaut d’agonie, rôdé par une quarantaine d’années d’expérience, le monde de l’entreprise, est passé à la contre-offensive. Mais nos chefs d’entreprises, petits, gros, moyens, nous ont dit ce que nous savions déjà : Tout va mal, tout coule. Sarkozy, lui aussi, le savait déjà et il avait répondu : Je sais, vous proposez quoi ?

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ALFRED MARIE-JEANNE PEUT-IL REBONDIR ?

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… simplement rappelé « au guide » « au berger », qualificatifs de l’époque, le choix de l’esclave aux chevilles encore marquées par le fer. Césaire avait reçu et accepté le message, alors c’est victorieusement qu’il conduisit la liste des Régionales en 1982. Les choses sont plus compliquées pour Alfred Marie-Jeanne. La revendication de l’autonomie d’Aimé Césaire ressemblait presque à un dépit amoureux, celle d’Alfred Marie-Jeanne est  concession d’un indépendantiste affirmé.
 
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Ce samedi 23 août 1947, à 6h30 le Latécoère, hydravion géant de l’aviation marchande, apparaît, puis atterrit dans la baie de Fort-de-France.  À bord se trouve Jules Moch le ministre des transports venu installer  Pierre Trouillet, premier préfet de Martinique. « Le gouverneur est mort, vive le préfet. » Le règne colonial théoriquement  s’achevait. L’euphorie dura peu, au point où le calendrier courait encore, lorsque le député-maire Aimé Césaire envoya une lettre au Président de la République lui demandant de rappeler Pierre Trouillet. « Le préfet gère seul, administre seul comme un tyran borné », écrivait-il. Peu de temps après, apparaît la revendication autonomiste, de la gauche martiniquaise exprimée par le Parti Communiste et le P.P.M. Elle fut combattue par tous les moyens par la droite. Aimé Césaire reçut son premier coup de semonce en 1981, lorsqu’il appela à voter François Mitterrand. Il fut désavoué, car la conviction était qu’un président de gauche souhaite nécessairement se débarrasser de la Martinique, contrairement à un président de droite. La pratique démontra le contraire. Les Martiniquais furent à ce point rassurés qu’ils n’hésitèrent plus à confier les clés de la cité à un indépendantiste en l’envoyant par deux fois à l’Assemblée Nationale. Tout allait bien, le jeu habituel était respecté : une gestion française et les aiguillons nécessaires aux avancées sociales et  économiques exprimées par autonomistes et indépendantistes.  Jusqu’au moment où le fond du problème est abordé par la rue en colère, cela au moment où la France elle-même, met en cause ses propres convictions et ses propres structures. Et, parce qu’elle est à la recherche de la meilleure gestion possible avec le souci que, hors ses frontières, son drapeau ne soit pas tachée de sang, comme à l’époque brutale de l’ère coloniale, celle-ci interroge les peuples( ou population) concernés. C’est fait. Les Martiniquais ont répondu à une écrasante majorité. Leur choix ne diffère guère de celui des esclaves au dos encore déchiré par le fouet. Comme eux, ils veulent : La liberté, l’Egalité, la Fraternité, dans la République française.
 
QUE PEUT ALFRED MARIE-JEANNE DANS DE TELLES CONDITIONS ?
 
Un peu tard pour y songer !
Le dernier souci d’Alfred Marie-Jeanne a toujours été de soigner son image de marque,  et puis peut-être aussi ne dispose-t-il pas de bons conseillers en image. Par exemple, pourquoi s’être laissé accuser, dès le départ, d’être un dictateur faisant pression sur l’électorat, quand il affirme qu’il démissionnerait en cas d’échec du 74. Tout de même, voilà un homme qui depuis toujours vous hurle son souci d’une Martinique indépendante, qui à un moment crucial de notre histoire nous dit en clair : « indépendantiste je suis, vous le savez. Vous ne voulez pas de l’indépendance, je le sais. Par contre, je crois qu’il y a un frémissement pour l’Autonomie, alors j’accepte de faire un pas en arrière vers vous car ce pas en arrière, pour moi, est un peut-être un pas en avant, quant au futur. J’ai tout fait, pour vous convaincre,  si vous me dites non, et bien je m’en irai. »  Quoi de plus normal que ce départ, devant le refus du 74 ? Voilà décision d’un parfait …démocrate. Non ? A moins que ceux qui parlent de pression insupportable voient en Alfred Marie-Jeanne, l’homme à poigne qu’il faut garder même …pour la gestion du 73 ? Ils ne pensaient probablement pas à une  démission de la présidence de la Région, en effet  le vice président deviendrait immédiatement opérationnel, en attendant les prochaines élections, et rien ne serait vraiment stoppé en cas de démission.
En tout cas Alfred Marie-Jeanne se retrouve dans la même situation qu’Aimé Césaire. Va-t-il, comme lui, avec un «  je vous ai compris » gaullien annoncé un moratoire ? Ou préférer le panache de ce même De Gaulle avec un retour tranquille à Rivière-Pilote, son Colombey-les deux-Eglise ?
 
TONY DELSHAM.

 
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LYCEE SCHOELCHER

Fort-de-France, 1946. La Martinique passe du statut de colonie française à celui de département français d'outre-mer. Pari fou. Insolent. A la hauteur du génie humain. Pari qui tente de gommer l'histoire, la géographie, les rancœurs, les rancunes.

Frais de port : G R A T U I T

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