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ILS SONT FOUS CES MARTINIQUAIS |
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ARCHIVE : La semaine passée, comme un seul homme, ou comme une seule femme, dans un énième sursaut d’agonie, rôdé par une quarantaine d’années d’expérience, le monde de l’entreprise, est passé à la contre-offensive. Mais nos chefs d’entreprises, petits, gros, moyens, nous ont dit ce que nous savions déjà : Tout va mal, tout coule. Sarkozy, lui aussi, le savait déjà et il avait répondu : Je sais, vous proposez quoi ?
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Martinique
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MONCHOACHI
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Voilà le recueil très personnel d’un poète martiniquais, expert en langue créole, comme l’indique le texte final du livre, « Des paroles-qui-disent » : entendez les paroles imagées et les proverbes, chargés de la sagesse essentielle d’une culture, et souvent empreints d’une gravité initiatique. Le monde y apparaît comme un grand tout insécable, du soleil aux végétaux en passant par bêtes et hommes. Ils disent l’obscurité des paroles et du monde, le temps à la fois autre et même, le tremblement nécessaire dans le savoir. Une conception aussi totalisante ne pouvait coïncider avec la vision chrétienne occidentale du monde, celle du P. David, qui traduisit ces proverbes d’une manière que critique Monchoachi d’une façon très intéressante. Evidemment, elle est plus opposée encore au « totalitarisme technique ». Monchoachi est passionné par la spiritualité du vaudou. C’est dire que sa langue n’est pas seulement pour lui une marque d’appartenance ethnique, mais une inspiration.
C’est dans cette lumière qu’il faut lire l’Espère-Geste, suite de poèmes en français et beau français. On y trouve très peu de mots dialectaux, et encore sont-ils appelés par la nécessité de nommer ce qui n’existe pas en France métropolitaine (cayes, siguine) ; peu de fois, des expressions ou proverbes créoles, d’ailleurs souvent traduits. Non, leur spécificité va plus profond. Ils disent l’instant, l’émiettement des existences, cependant liées par une vie universelle que le poète a charge de célébrer. D’entrée, des paysages à la fois familiers et somptueux : « Des lépidoptères annelés / Noirs, jaunes / Et puis les deux bouts orangés / Ondulent dans la lumière ; / Des files de femmes bâtées / Aux vêtements bariolés // Et le plat crayeux de leurs pieds / Qui se soulèvent / et qui foulent la poussière stérile. »
Sèves, souches, « nuage blanc » de bananes sur la tête d’une femme, omniprésence de la mer, couleurs, soufre ou violet ou gris-bleu, donnent à ce recueil, un poids concret du reste inséparable de l’initiation, car il convient d’y observer tous objets et de les comprendre obscurs, « Obscurs, Obscurs, Obscurs/Comme sont les galets / Comme sont les lauriers ».
A l’initiation ancestrale, l’histoire a mêlé, mais superficiellement, le christianisme, présent dans le début par des allusions, l’Apocalypse, l’arche de Noé, les prénoms chrétiens imposés, et surtout par son incompréhension que les « Lumières » ont accentuée ; car Humanisme, Démocratie, se sont opposés également aux traditions vitales de l’île : « Et pour finir, le guerrier banni, le danseur / métamorphosé en pécheur / Au point de ne plus pouvoir laisser ça / nous prendre ».
Oui, çà est le tissu du poème, ce rituel, cette danse qui lie les vivants aux morts, à la terre entière, et les fait accéder ensuite au grand désert, au Vide de toutes choses. Ce poème est pour mieux dire une danse, diversement mais toujours fortement rythmée et parlée, de la clameur à l’extase. « Et puis l’air / Et puis l’air frappant l’air / Et puis le silence / Et puis la maturation / Et puis l’écume / Et puis la quête / Et puis les ailes et la rosée / Et puis l’écaille et le jaspe / Et puis l’argile /Et puis l’invocation. » Vertige : « Nous ne sommes /Pas/Nous Là/Lieu parole ». Noms secrets donnés aux choses, et chuchotés à elles. Puis « la danse au lieu vide ». regards perdus : passage à « l’autre bord », et accession, depuis les mots « bégayés-perdus », au langage d’origine, à « l’aleph ».
Le recueil se termine par un très beau poème où l’amour charnel et spirituel se mêle au sentiment de la fragmentation du monde et de la disparition inéluctable de tout. Mais le désert, dans l’initiation, a encore sa façon d’unir : « Tu peux venir là à présent / Vêtue de ta robe rouge / Chaussée des escarpins festonnés d’or : Si tu tombes dans le vide / Je garde tes mains /Entre mes mains. »
Loin des exotismes faciles, ouvrant sur une culture et un culte aussi riches et envoûtants que ceux de telle civilisation antique à mystères, que voilà un livre digne d’être lu, ou plutôt dit à voix haute, accompagné de tout le corps !
Marie-Claire Bancquart
Revue Europe, 2003
Les œuvres
Poésie en langue créole
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Disidans (Djok, 1976)
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Konpè Lawouzé (Grifantè, 1978)
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Bèl Bèl Zobel (Grifantè, 1979)
Poésie bilingue créole / français
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Mantèg (Gallimard, Cahier de Poésie, 1980)
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Nostrom (Editions caribéennes, 1982)
Poésie en langue française
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Nuit gagée (l'Harmattan , 1992)
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La case où se tient la lune (William Blake & CO. Edit, 2002)
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L’espère-geste ( Obsidiane, 2002),
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Paris – Caraïbe, le voyage des sens (en collaboration avec le photographe David Damoison). Editions Séguier, 2002
Traductions en créole
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Samuel Beckett : « La ka espéré Godot » - Editions New Legend, 2003
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Samuel Beckett : « Jé a bout »- Editions New Legend, 2003
Prix
Le prix Max Jacob a été créé après la guerre par des amis du poète : Cocteau, Picasso, Aragon, Supervielle…Ce prix de poésie a déjà récompensé : Salah Stétié, Jude Stéphan, Emmanuel Moses, Jacques Réda, Georges Perros…
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| GWO PWEL |
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Quand, alors que tout biguine dans ta tête, tu te dis en chantant que tu as trouvé la maman des enfants à qui tu donneras ton nom, tu apprends qu'un autre que toi mange la même hostie, boit à la même fontaine, tu reçois une calotte que même ton ange gardien ne peut atténuer.
Frais de port : G R A T U I T
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